La deuxième audience portant sur les débats de fond, au sujet du procès opposant le Directeur de publication du quotidien ‘’le Pays’’ Boubacar Yalkoué à la Cour Constitutionnelle s’est déroulée le jeudi dans la salle d’audience publique du Tribunal de Grande Instance de la commune V. Le délibéré de la Cour est prévu pour le 27 de ce mois.
Une fois de plus, les responsables de la presse malienne et militants du CDR (dont l’accusé est membre) ont répondu présents pour soutenir leur confrère et camarade Boubacar Yalkoué, Directeur de publication du journal ‘’le Pays’’, jeudi au TGI de la CV. Comme lors de la première audience de ce même procès, un dispositif sécuritaire élevé régnait aux alentours du palais de justice de la commune V.
Il faut rappeler qu’une première audience avait été tenue le 29 novembre avec comme juge de siège Dembo Macina et le Ministère public tenu par le Magistrat Mahamadou Maïga. Cette audience portait sur la fixation des frais de consignation que la partie civile devrait payer, sur demande du ministère public, la cour a requis la somme de 500 000 de nos francs comme frais de consignation.
Ce jeudi encore, avec le même corps magistral, c’est à 9 heures précises que l’audience a commencé. A la barre l’accusé Yalkoué accusé pour diffamation dans l’affaire dite des 900 000 000 de FCFA l’opposant à la Cour Constitutionnelle. Il était conseillé par Maître Demba Traoré, Malick Ibrahim Maïga, Sidiki Zana Koné, Abdramane Ben Mamata Touré et Mamadou Camara.
Au-delà des échanges et débats houleux sur les exceptions de procédures, le point saillant de cette audience a été la question du juge à l’accusé sur sa source. La question a provoqué une réaction soudaine dans l’assistance soldée par l’exclusion du président de l’ASSEP Bassidiki Touré de la salle qui a été suivi par solidarité par l’ensemble des journalistes présents. Auparavant, la première expulsion a concerné l’avocat Abdramane Ben Mamata Touré de la défense, qui a été soutenu par ses collègues en robe noire, pour qu’il puisse reprendre sa place dans le box.
Après les débats de fond et la plaidoirie des avocats et du ministère public (qui a requis 3 mois de prison ferme contre le présumé-accusé), le président de l’audience a renvoyé les deux parties pour la délibération le 27 décembre.
A la sortie de l’audience, Me Malick Ibrahim Maïga avocat de Yalkoué à notre micro a affirmé qu’on ne sait à l’encontre de qui la plainte est adressée, ni celui de qui elle émane? C’est pourquoi il estime que le directeur de publication du ‘’Pays’’ ne méritait pas d’être devant ce tribunal. « Parce que ceux qui l’ont appelé ne sont pas connus. On ne sait pas si c’est le président de la Cour Constitutionnelle qui l’a poursuivi, on ne sait pas si ce sont les juges qui l’ont poursuivi à titre personnel…. » s’interroge Me Maïga. Et de poursuivre que c’est par voie de citation directe que l’accusé a été assigné dans ce dossier. ‘ « Dans ce cas, la partie civile manque qualité et son recours est irrecevable ce qui fait qu’il n’a pas à donner des explications sur sa source » affirme l’avocat Malick Maïga.
Pour eux les conseils, il y a une tentative d’instrumentalisation de la justice à laquelle la justice du Mali refusera. « Nous disons que si les choses doivent être faites, elles doivent être faites dans les règles de l’art » a-t-il précisé. Tout en espérant que le juge va constater cela et puis mettre Yalkoué hors de cause. Donc que le droit soit dit le 27 décembre !

Par Jean Joseph Konaté