Le passage de Madou Traoré au Bureau national des produits pétroliers (BNPP) a été marqué par l’accumulation d’impayés. En effet, plusieurs milliards de nos francs restent à recouvrir à présent. Le recouvrement total de ces  milliards constituent des bouffés d’oxygène en cette période de vive tension de trésorerie. L’introduction frauduleuse des tissus ‘’bazin ‘Getzner’’ et autres marchandises de grande valeur est couverte par les éléments de son clan.  Il empêcherait certains bureaux secondaires frontaliers de fonctionner tandis qu’il collabore avec d’autres en laissant passer par ces bureaux toutes sortes de marchandises. A ce titre, le plus zélé de ses hommes de main serait un certain Sacko qui est mis à contribution. Toutes ces tracasseries n’ont pour effet que la sauvegarde d’intérêts sordides.

Voulant bien être le boss de la Direction générale des douanes, Madou Traoré a chuté. Sa chute s’explique par son arrogance, son mépris des usagers du service, son manque de considération pour son adjoint, ses chefs de division, ses chefs de section et surtout la complaisance du Directeur général sortant à son égard. Il fait tout sauf l’orthodoxie douanière proprement dite. La plupart de ses ordres à l’endroit des chefs de bureaux principaux ou secondaires et d’autres partenaires du service sont verbaux et ne sont adossés à aucun texte. Il n’a jamais respecté l’organigramme ou le schéma d’organisation des rapports hiérarchiques du service. Il saute son adjoint, ses chefs de division et ses chefs de section pour traiter directement avec les opérateurs à travers son clan composé de trente deux agents qu’il a amenés avec lui. Il gère le service comme son entreprise familiale.

La douane, ce n’est pas seulement chercher à occuper des postes juteux tout le temps ; c’est aussi accepter de servir dans les différents services techniques de la Direction générale. De façon classique, il est établi que l’ensemble des directeurs généraux de la douane a connus ont cheminé, au cours de leur carrière, dans certains services techniques spécialisés comme la direction de la réglementation du contentieux et des relations internationales (DRCRI),  la direction des recettes, de la planification et des programme de vérification (DRPPV), la direction de la facilitation et du partenariat avec les entreprises (DFPE), etc.

A l’analyse, en aucun moment de sa carrière, le directeur des enquêtes douanières, Madou Traoré n’est jamais passé ni comme agent, encore moins comme chef de ces départements. Or, il importe de savoir que ces départements forment les cadres dans les analyses et les études, tant économiques que juridiques et les prédisposent à occuper plus tard les hautes fonctions douanières.

Oumar KONATE