El Hadj Ag Gamou est né dans une famille de bergers de la tribu des Imaghads en 1964 à Tidermène dans le cercle de Ménaka. En 1984, à l’âge de 16 ans, il rejoint l’armée libyenne au sein de la légion verte. Après une année d’entrainement en Libye puis six mois en Syrie auprès d’une force spéciale, il s’est engagé dans la guerre du Liban aux côtés des Palestiniens. Après plusieurs années de guerre, il regagne la Libye, pour prendre part au conflit tchado-libyen. Gamou regagne le Mali, son pays natal avec un seul slogan « je veux désormais être utile à mon pays ». Satisfait des accords de paix de 1996, Ag Gamou rejoint la même année les forces armées maliennes. Les autorités maliennes lui accordent aussitôt une bourse d’étude pour l’Ecole Militaire Inter Arme de Koulikoro (EMIA) où il a suivi une formation dans plusieurs domaines. Il sera ainsi affecté au camp de Ségou comme instructeur militaire. En 1999. Lors de la guerre civile sierra-léonaise, le vaillant combattant Gamou prend part, en tant que casque bleu, à la mission des nations unies dans ce pays. De retour au Mali, en 2000, il est décoré de la médaille de la valeur militaire. El Hadj Gamou est ensuite promu au grade de colonel jusqu’à 2005 ; année où il rejoint le camp militaire de Kidal. Une mutation stratégique à cause des nombreuses attaques qui sévissaient alors dans cette région du pays. Faut-il rappeler ses prouesses lors de la crise de 2006 contre les troupes de Ag Bahanga ?
En 2012, lors du déclenchement de la guerre dans le nord de notre pays, le colonel Gamou fut désigné à la commande d’un gros contingent de jeunes soldats déployés sur le terrain avec un dispositif moins adapté à la réalité de la zone, jugée très dangereuse par les experts de la guerre. En cette même période, lorsque le nord du Mali fut occupé par des groupes armés composés des terroristes, des islamistes et des narcotrafiquants, Gamou parvient à s’évaporer dans le désert pour sauver des centaines de soldats maliens qui composaient son groupe et d’autres bataillons de combattants perdus dans le désert d’où son surnom de « guerrier du désert ». Un exploit qui lui a valu quelques années plus tard, le grade de général de brigade. Le général Gamou, prendra peu après la débande des troupes maliennes lors de la bataille de Kidal en mai 2014, la tête de la branche armée d’un groupe armé d’auto-défense touareg de la tribu des imghads (GATIA) pour défendre sa communauté et l’intégrité du territoire malien. Il venait de perdre son bras droit et frère d’arme, le Colonel Fayçal.
De nos jours, le général de brigade El Hadj Gamou est à la tête du Conseil Supérieur des Imaghads et Alliés (CSIA).

Alou Badra DOUMBIA