Acculées par les familles des victimes et les medias, les autorités françaises, au sujet de l’assassinat des journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, veulent  joueur la comédie en détournant l’opinion sur les vraies pistes qui mènent à la vérité. C’est pourquoi, cinq ans, après avoir gardé ‘’le secret-défense’’ sur cette affaire de crime crapuleux, elles veulent inventer des éléments superfétatoires pour alimenter la polémique et divertir davantage les consciences. Pour ce faire, elles n’ont trouvé autres qu’une écoute de conversation entre le jihadiste Baye ag-Bakabo, membre du commando et Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense  et actuel Premier ministre du Mali par un agent des services secrets américains.

C’est donc à travers une ‘’bafouille’’ publiée dans l’Express que l’Agence Française de Presse (AFP) s’est chargée d’étayer pour tenter de faire porter le chapeau à l’actuel Premier ministre malien une certaine complicité avec le commando.

En clair, sans autre forme de procès, cette dénonciation à l’air d’un règlement de comptes. Cela si l’on sait que les auteurs de ces crimes odieux sont connus. Un commando  dont faisait partie le jihadiste Baye Ag-Bakabo avec cinq autres. Au lieu de mener des opérations d’envergure pour récupérer vivant ces assassins dont trois ont été déjà exterminés par les forces françaises, l’on veut jouer au dilatoire. Cela, en faisant de cette affaire un fonds de commerce pour intimider des dirigeants maliens, comme cela fut le cas lors de l’affaire Tomi.

Sachant bien que la pression de la presse à travers le monde ne faiblit pas sur cette affaire, qui curieusement a été enfouie dans le sable, sans aucune lueur de lumière cinq ans durant, les autorités publiques françaises ont d’abord brandit le principe de « secret-défense », pour ensuite évoquer la poursuite des enquêtes par un juge français et curieusement, lorsque certains auteurs qui sont connus de tous, circulent entre les contrées du Sahel, elles évoquent maintenant des conversations effectuées entre ceux-ci et certains officiels maliens, dont  celui qui était ministre de la Défense, non moins actuel Premier ministre. Celui-ci même qui tient les rênes du pouvoir au Mali, notamment en termes de reformes et de lutte contre le terrorisme au grand dam de certains.

 

Comment peut-on évoquer des écoutes téléphoniques, quand l’on sait que selon nos confrères du ‘’ le Monde’’ le juge Herbaut  en charge du dossier, à travers les trois téléphones récupérés dans le véhicule du commando disposait de 115 000 communications, avec 4 000 numéros de téléphone, à éplucher par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), d’après les fadettes transmises par Orange Mali .

Est-ce à dire que sur ces 115 000 communications données par la filiale française de téléphonie mobile ‘’Orange-Mali’’ l’on n’a pas pu trouver une  moindre conversation entre l’actuel Premier ministre malien et le jihadiste Ag Bakabo, mais plutôt avec  un agent des services secrets américains (dont le nom n’a jamais été dévoilé) ?

Ce n’est pas pour rien qu’un proche des victimes ne s’est pas empêché de s’exprimer en ces termes, toujours dans ‘’le Monde’’ : « …le principal frein à la manifestation de la vérité se trouve dans l’utilisation du secret-défense.  Quarante pour cent des documents classés “secret-défense” demandés par la justice n’ont pas été déclassifiés. Parmi ceux transmis, beaucoup sont caviardés, mais le juge estime que c’est nécessaire pour protéger les sources et les militaires ».

En clair, la France, jouant sur le principe de « secret défense » entend maintenir ses mains sur les tenants et aboutissants de cette affaire, tout en jouant la carte de pression contre des dirigeants maliens. Sinon depuis novembre 2013 (moment de l’assassinat) aucun magistrat, ni malien encore moins français ne s’est rendu sur les lieux. De même, la région (Kidal) où le crime a été commis est sous le contrôle des forces françaises depuis que les terroristes ont été chassés. Comment des journalistes français (sans aucune protection des forces françaises) peuvent être assassinés dans cette zone par des assaillants connus de tous, sans une complicité certaine des maîtres des lieux ?

Les véritables coupables sont sans doute ces forces françaises pour non-assistance à leurs compatriotes journalistes, sans quoi en tentant d’indexer autres responsables ou complices la France ne fera que se prévaloir de sa propre turpitude. Or en droit il est dit que : « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». C’est-à-dire que nul ne peut réclamer justice si le dommage qu’il subit est le produit de ses actions menées illicitement ou illégalement ou de sa négligence.

Comme disait Soumeylou Boubèye Maïga, lui-même sur RFI, les accusations portées contre lui, sont non seulement fausses et « grotesques ».

Moustapha Diawara