« Prêt à vaincre le paludisme », tel était le thème abordé au lancement de la 11è édition de la Journée mondiale de la lutte contre le paludisme. Ladite cérémonie de lancement a été présidée par le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et d’Hygiène Publique, Dr Mama Coumaré qui avait à ses côtés Gregory Garland, chargé d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis au Mali et la représentante résidente de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). C’était le mercredi 25 avril 2O18 au Palais des Sport « Salamatou Maiga » à l’ACI 2000.

L’objectif de cet évènement était de donner l’opportunité au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, à travers le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), de renforcer le plaidoyer et la mobilisation sociale autour des stratégies de lutte contre le paludisme et la sensibilisation des communautés sur l’importance de la prévention et la prise en charge rapide et correcte du paludisme. La célébration de la semaine nationale de lutte contre le paludisme est aussi l’occasion d’intensifier la communication autour de cette maladie avec l’implication de tous les intervenants dans la lutte contre le paludisme pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile en vue de minimiser son impact au sein de nos communautés.

Les faits saillants sur le paludisme, selon le rapport annuel 2017 de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sont que plus de 90 pays représentant au total 3,2 milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale (des jeunes enfants, des femmes enceintes et les voyageurs non immunisés) venant de régions exemptes de paludisme sont particulièrement vulnérables à la maladie lorsqu’ils sont infestées ; 216 millions de cas avec 4 millions 445 mille décès enregistrés, 80% de ces décès surviennent dans 15 pays localisés en Afrique subsaharienne dont le Mali fait partie, l’incidence du paludisme a baissé de 37% à l’échelle mondiale tandis que le taux de mortalité a reculé de 60%, toutes tranches d’âge confondues et de 65% chez les enfants de moins de 5 ans.

La situation de lutte contre le paludisme a toujours été une priorité pour le gouvernement du Mali comme l’atteste d’adhésion du pays à plusieurs initiatives internationales. La prévalence nationale du paludisme était de 35,7% avec une disparité selon les régions (59,8% à Mopti, 41,6% à Ségou, 34,8% à Koulikoro et 27,4% à Kayes, et 6% à Bamako). Plusieurs actions sont menées par le gouvernement et ses partenaires en 2017 telle la campagne de chimio pour la prévention du paludisme saisonnier (CPS) chez l’enfant de 3 à 59 mois.

Les régions de Kayes et Mopti ont été couvertes et celles de Koulikoro et Sikasso ont bénéficié de la 3é édition.

Aujourd’hui, aucun vaccin n’est disponible pour lutter contre le paludisme. Au Mali, deux nouveaux types de candidats vaccins de paludisme sont en train d’être testés par le MRTC et ses partenaires à Bancoumana et à Doneguèbougou dans la région de Koulikoro pour la recherche d’un vaccin.

Dr Mama Coumaré, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a déclaré que «la cérémonie de lancement de la journée mondiale de la lutte contre paludisme couplée à la semaine nationale de lutte contre le paludisme est une circonstance heureuse pour nous. Le paludisme reste encore un problème de santé publique dans le monde et particulièrement en Afrique. Au Mali, il demeure également un problème majeur de santé publique et représente 32% des motifs de consultation. Les statistiques sanitaires de 2017 font état de 2 millions 097 mille 797 cas de paludisme et dont 673 574 cas graves. Parmi ces cas, 1050 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 0,050% ».

Dr Mama Coumaré se réjouit cependant de ce que « notre pays a adhéré aux différents engagements internationaux dont les derniers sont les objectifs de développement durable (ODD) avec l’appui de nos partenaires techniques et financiers pour entreprendre des actions synergiques de lutte contre cette maladie. La célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme est une opportunité pour nous d’inviter les partenaires locaux et internationaux à intensifier leurs efforts et leurs investissements dans la lutte contre cette maladie », a-t-il conclu.

« Les Etats-Unis sont fiers de pouvoir collaborer avec le secteur de la santé du Mali dans la lutte contre le paludisme. Les USA travaillent tous les jours à préserver la santé, prévenir les maladies et aider ceux qui sont dans le besoin. Chaque année les Etats-Unis investissent dans la pulvérisation intra-domiciliaire, ce qui permet de fournir une protection saisonnière à plus de 700 000 personnes au Mali. Par ailleurs, nous avons contribué à la formation des collègues maliens de la santé afin qu’ils soient à même de fournir des services de prévention et de traitement à la population malienne. Nous avons veillé à ce que les femmes enceintes et les enfants aient accès aux services de prévention du paludisme pendant les contrôles prénataux, qui incluent des moustiquaires gratuites, le diagnostic et le traitement gratuit ainsi que d’autres services gratuits dont le diagnostic du VIH et son traitement. Notre attention se traduira par une résurgence de la morbidité et de la mortalité liées au paludisme qui requiert un investissement durable par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique », a commenté Gregory Garland, chargé d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis.

Fatoumata Bintou Tounkara